Marc Deschamps et Suzanne Lévesque assurent la co-présidence du comité consultatif Europe de L’heure est brave. Leur duo est l’une des clés pour mobiliser la communauté udemienne dispersée en Europe.

Historiquement, l’Université de Montréal et ses écoles affiliées ont toujours regardé vers l’Europe – vers la France en particulier. Les chiffres le prouvent : avec plus de 39 000 diplômés sur ce continent, c’est d’assez loin le principal réservoir de l’UdeM à l’étranger. Mais comment les mobiliser, alors qu’ils sont dispersés dans différents pays et cultures ? Et comment les réunir autour de cette université lointaine qu’ils ont en commun ?

La campagne L’heure est brave a trouvé une partie de la réponse dans les CV transfrontaliers de Marc Deschamps et Suzanne Lévesque, ses deux co-présidents du Comité consultatif Europe. L’un vit à Londres et travaille dans la technologie climatique ; l’autre réside à Genève et officie dans l’industrie du luxe. On peut difficilement imaginer trajectoires plus différentes que les leurs, et pourtant elles ont naturellement convergé dès que leur alma mater les a sollicitées.

« En tant que coprésidents, notre rôle à Marc et moi est celui de catalyseurs, résume parfaitement Suzanne Levesque. Nous avons pour mission de rassembler, de mobiliser et d’inspirer pour amplifier la portée de cette campagne. » Voilà pourquoi l’UdeM est allé chercher l’expertise de ces deux personnes pour connecter son réseau européen. Rassembler, mobiliser et inspirer : c’est ce qu’elles ont fait toute leur vie.

Petit geek deviendra grand

« Mon histoire est celle d’un petit Québécois qui a grandi en Ontario, d’un jeune geek qui rêvait de travailler à l’international, raconte avec gourmandise Marc Deschamps. Grâce à mon diplôme de Polytechnique Montréal (1985) et à un an d’échange avec l’École polytechnique fédérale de Lausanne, mais aussi grâce à une start-up de chronométrage de courses auto que j’ai montée avec des amis, les portes de l’Europe se sont ouvertes. Alors je suis parti. »

D’abord remarqué pour ses qualités de programmeur, Marc Deschamps va doubler ce talent d’un MBA et devenir une sorte de courroie de transmission, d’interface entre la technologie et la finance. Un profil hybride qui saura séduire le géant néerlandais de l’électroménager Philips. Au début des années 90, l’entreprise met sur le marché son tout nouveau CD-i (Compact Disc Interactif) et tente de convaincre les éditeurs de jeux vidéo d’adapter leurs titres pour cette nouvelle machine. Marc va accepter le défi et écumer l’Europe entière pendant six ans.

Ensuite, il sautera dans le train de l’Internet à haut débit, contribuant à l’essor de cette technologie sur tout le continent, d’abord à la tête de sa propre entreprise – en bénéficiant au passage d’un gros investissement de Bill Gates – ensuite chez British Telecom. « En fait, j’ai toujours vécu au gré de vagues de découvertes entrepreneuriales, analyse-t-il. Il y a eu la vague du jeu vidéo, la vague du haut-débit, et maintenant il y a la vague des technologies climatiques. » Sur cette houle qu’il a su surfer des deux côtés de l’océan, Marc s’est bâti une carrière et un réseau majuscules qu’il met aujourd’hui au service de l’UdeM.

Marc Deschamps au cocktail des diplômés de Paris le 26 novembre 2024.

De la Suisse dans les idées

C’est un peu par hasard que Suzanne Lévesque a trouvé sa voie en Suisse. Après des études en sciences économiques (1984) et en relations industrielles (1987), elle s’installe à Genève et obtient son passeport suisse.

Après une formation en stratégie financière à l’IMD de Lausanne, elle commence dans le milieu pharmaceutique, mais l’industrie du luxe l’attire irrésistiblement. Elle intègre donc le groupe Richemont et jouera un rôle important dans son développement : « Quand j’ai commencé, Richemont avait seulement trois marques – Cartier, Piaget et Baume & Mercier – avec un chiffre d’affaires d’environ 500 000 euros. Aujourd’hui, nous sommes un groupe de 26 marques, surtout dans la joaillerie et l’horlogerie, avec 40 000 employés dans le monde, pour un chiffre d’affaires consolidé de plus de 20 milliards. »

Suzanne a progressé chez Richemont International, jusqu’à devenir Secrétaire générale et directrice des trois plus grands campus suisses, où plus de 4 000 personnes travaillent chaque jour.

Puisant son inspiration parmi les personnes qu’elle rencontre, elle s’investit activement dans la société civile, notamment pour aider les jeunes générations. Outre son rôle de co-présidente du Comité exécutif de l’Université de Montréal pour l’Europe, elle siège ainsi au conseil d’administration de l’Institut des Hautes Études de Glion et dirige la Fondation aHEAD, qui soutient les étudiants de la Haute École d’Art et de Design de Genève (HEAD).

C’est dans un lieu spécial, le siège de Richemont International conçu par l’architecte Jean Nouvel, que Suzanne a organisé la deuxième réunion du Comité consultatif Europe. Les participants ont pu apprécier son architecture en verre qui se fond dans la nature et donne l’impression qu’intérieur et extérieur se répondent. Un détail qui a son importance quand on sait combien Suzanne est engagée pour le développement durable.

Suzanne Lévesque avec le recteur Daniel Jutras lors du cocktail des diplômés de Genève le 14 avril 2025.

L’énergie de l’espoir

L’environnement, c’est aussi le combat quotidien de Marc Deschamps. « Je suis devenu banquier d’investissement un peu par erreur, s’amuse-t-il. À cette occasion, j’ai rencontré de jeunes “évangélistes” des technologies climatiques qui m’ont convaincu que l’avenir passait par elles. » Alors, en 2023, Marc se lance. Il fonde Awendio Solaris pour développer l’énergie solaire partout dans le monde, et devient à son tour un “évangéliste” : « On a besoin d’énergie, mais on a aussi besoin d’être responsable. Dans cette optique, le solaire est fondamental. Peu de gens le savent, mais la quantité d’énergie solaire que la Terre reçoit en 11 jours équivaut à l’énergie contenue dans toutes les réserves de combustibles fossiles connues ! »

L’image est forte, l’enthousiasme communicatif. Chez Marc comme chez Suzanne, on ressent une volonté identique de mobiliser, de rassembler, de travailler ensemble avec l’énergie de l’espoir. Quand le premier n’a d’yeux que pour l’esprit d’équipe et le pouvoir des discussions, la seconde, du fait de la masse salariale qu’elle doit coordonner et de son implication sur de multiples CA, veut capitaliser sur la synergie et le collectif. Un état d’esprit contagieux qui a fini par imprégner tout le comité consultatif !

Faire une différence

« Ensemble, nous avons la possibilité de faire une différence tangible, insiste ainsi Suzanne à l’adresse des membres. En tant que leaders, diplômés et amis de l’UdeM, nous portons toutes et tous une responsabilité collective. » Pour donner l’exemple, la co-présidente a même joint le geste à la parole en s’impliquant – aux cotés de Anne-Marie Poliquin, Nicolette Kost de Sèvres et Andréanne Morin – dans l’opération Bravoure au féminin. Tous les fonds levés par cette initiative 100% féminine iront à une cause prioritaire de L’heure est brave qui reste à définir.

Marc, lui, insiste sur son rôle d’interface. Il est là pour aider l’UdeM à diffuser son aura à l’international, pour faire en sorte qu’à l’extérieur de ses murs comme à l’intérieur, on réalise qu’elle agit pour la planète entière. « Si tu sors de l’UdeM, tu dois savoir, et tout le monde doit savoir, que tu peux avoir un impact sur le monde, s’enthousiasme-t-il. Que tu peux améliorer la production d’énergie propre, développer la technologie qui nous permettra d’aller sur Mars, ou que sais-je encore ! Il est important que chaque personne diplômée soit persuadée qu’elle peut accomplir quelque chose de plus grand qu’elle-même. »

Il suffit de regarder la carrière de Suzanne et Marc pour s’en persuader.