Le pouvoir transformateur de la générosité est parfois sous-estimé. Alors, pendant deux heures, notre Édition spéciale du Cabinet de campagne n’a cessé de le rappeler. Récit d’une matinée pendant laquelle L’heure est brave n’a jamais aussi bien porté son nom: tous nos invités l’étaient.

«Je suis brave parce que je suis inquiet.» Dans la salle du Cercle HEC, les derniers mots de Louis Gagnon font mouche. «Je suis inquiet parce que le monde change à une vitesse folle, poursuit le Chef de la direction (Canada) d’Intact Corporation financière et coprésident de la campagne L’heure est brave. C’est pour ça que je m’engage: l’université est le meilleur endroit pour faire un monde plus juste. Cette inquiétude, c’est ma zone d’inconfort. Faites comme moi, trouvez la vôtre: ce qui vous dérange, c’est là où vous pouvez faire une différence.»

C’est sur ces mots que cette Édition spéciale du Cabinet de campagne de L’heure est brave se referme. À eux seuls, ils résument l’esprit de cette matinée organisée par Udem philanthropie et diplômés, matinée pendant laquelle une centaine de bénévoles de campagne ont célébré bien plus que de bons résultats annuels : un élan collectif, une manière d’habiter le monde avec courage.

Bravoure : ce mot qui rassemble

Tout au long de cette rencontre, la bravoure a été le fil invisible reliant les voix et les parcours. Elle se déclinait sous mille formes : celle du don, du dépassement, de la vision… Du leadership aussi. «Nous sommes en bon chemin pour parvenir à notre objectif: devenir l’Université de langue française la plus influente du monde, a notamment rappelé le recteur Daniel Jutras en guise d’introduction. Nous assistons en ce moment à un grand leadership de l’UdeM sur le plan politique, sociétal et évidemment dans le domaine de la recherche et de l’enseignement.»

Le vice-recteur à la philanthropie Michael Pecho a ajouté le leadership philanthropique à cette liste: la grande campagne L’heure est brave a franchi le cap des 842 millions de dollars et des 153 000 gestes d’engagement, ce qui la rapproche de ses objectifs. Pour aller au-delà des chiffres, malgré un contexte budgétaire plus contraint, il a redit la philosophie profonde de cette mobilisation : «Cette campagne dépasse largement la simple collecte de fonds. Bénévoles, merci de votre énergie, vous êtes bien plus que des membres, vous êtes des porte-paroles.»

L’hommage s’est poursuivi par la voix de Claude Bernard, directrice générale, Stratégie et opération, qui a célébré les quatre coprésidents: Ravy Por, Louis Gagnon, Nicolas Duvernois et Marie-Josée Gagnon – qui tous ont annoncé qu’ils prolongeaient leur engagement avec L’heure est brave. Elle a illustré combien ils avaient su dépasser les appels à la bravoure pour l’incarner. Par leurs propres dons de temps ou d’argent, mais aussi en en suscitant autour d’eux. «Tu montres qu’un geste personnel peut en inspirer d’autres», a notamment lancé Claude Bernard à Marie-Josée Gagnon. À l’évidence, le compliment valait pour tout le monde.

De gauche à droite: Louis Gagnon, Marie-Josée Gagnon, Ravy Por et Nicolas Duvernois.

La vérité de deux donateurs

En revanche, c’est bien la fondatrice et présidente de CASACOM, accompagnée cette fois du chancelier Frantz Saintellemy, qui a offert à ce Cabinet de campagne ses instants les plus mémorables. Invités à conclure le second segment, celui des témoignages, les deux donateurs ont offert un entretien croisé lumineux, de ceux qui donnent justement envie de s’engager.

« Prendre soin de ma santé mentale a sans doute été la décision qui a eu le plus fort impact sur ma vie personnelle comme professionnelle, a commencé Marie-Josée Gagnon. Alors, quand j’ai vu le nombre d’étudiants touchés par ces enjeux, m’impliquer dans ce programme est devenu une évidence. » À ses yeux, le Parcours Résilience n’est pas un simple projet, c’est un engagement de cœur qui vient la chercher personnellement. « Je n’ai pas la puissance d’une grande entreprise, mais j’ai celle de mon propre engagement. »

Avec une touchante sincérité, Frantz Saintellemy a rebondi en témoignant de ses propres doutes, ceux d’un donateur issu d’un milieu modeste. « Nous avons d’autres urgences dans ma communauté, tant de projets qui mériteraient beaucoup d’argent… a-t-il reconnu. Donc je ressens parfois une sorte de sentiment d’imposture, une culpabilité de ne pas lui donner directement. Et puis, j’ai fini par réaliser: la meilleure façon d’aider ma communauté, c’est d’aider l’UdeM à mieux outiller le milieu de l’éducation… »

Marie-Josée Gagnon et Frantz Saintellemy livrent leurs vérités de donateurs.

Plusieurs voix, une même sincérité

Avant de rendre le micro, le chancelier a partagé un ultime conseil: «Donner c’est facile. Mais c’est en s’impliquant qu’on réalise l’impact que peut avoir notre don.» Cette générosité comme expérience transformatrice, c’est vraiment ce qui a traversé l’ensemble de ce second segment. Avant la coprésidente et le chancelier, ce sont ainsi quatre grands bénévoles qui ont motivé leur engagement le temps de prises de parole baptisées : Lumière sur la bravoure.

Anik Shooner, Jean Thiffault, Jean-Marc Léger et Christine Breton ont ainsi eu 5 minutes pour dérouler ce qui les anime profondément dans cette campagne. Bénévoles de campagne et donateurs, ces visages de L’heure est brave étaient à chaque fois accompagnés d’un doyen facultaire ou d’un directeur de projets chargé de souligner les impacts de leur engagement.

  • Pour la Faculté de l’aménagement, Anik Shooner, et la doyenne Carmela Cucuzzella, ont ainsi raconté leur engagement pour les espaces urbains. «Repenser la ville, atteindre les objectifs de développement durable, c’est mettre l’humain et la collectivité au centre,» a résumé Anik, par ailleurs Architecte associée, cofondatrice et présidente de Menkès Shooner Dagenais LeTourneux Architectes. 
     
  • La Faculté de pharmacie, représentée par son doyen Simon de Denus, a de son côté présenté le Centre de simulation Pharmaprix. Derrière ce projet financé par une partie des 3M$ donnés par Pharmaprix à la Faculté, il y a une conviction. Une conviction que Jean Thiffault, VP développement stratégique et affaires professionnelles de l’entreprise, a tenu à rappeler tant elle vaut pour tout ce que l’Université entreprend: «Pour diriger la parade, il faut être en avance sur les besoins.» 
     
  • Jean-Marc Léger, fondateur-directeur de la firme Léger, et Marie-Claude Lemire, directrice principale de Millénium Québecor, sont quant à eux revenus sur cette initiative d’envergure pour encourager l’entrepreneuriat à l’université. L’entrepreneuriat est un art de la persévérance a insisté celui qui a donné 100 000 $ pour soutenir Datapreneur, l’un des projets de Millénium: «Le plus important, ce n’est pas de réussir, c’est de réussir tous les jours.»
     
  • La passion de l’entrepreneuriat, c’est aussi ce que tente d’insuffler la présidente du Comité consultatif de l’École d’optométrie, Christine Breton (lire son portrait). Le directeur de l’École, Jean-François Bouchard, a souligné combien l’engagement de celle qui est aussi Co-présidente directrice générale d’Opto-Réseau a contribué à moderniser son établissement: «Tu es engagée, mais en plus tu es visionnaire: en créant le fonds Opto Réseau, tu as favorisé l’entrepreneuriat en optométrie.»
Jean-Marc Léger, fondateur-directeur de la firme Léger, et Marie-Claude Lemire, directrice principale de Millénium Québecor, parlent de leur engagement.

Donner ce qu’on n’a pas

Avec autant de célébrations de la générosité, le tableau n’aurait pas été complet sans un abécédaire sur «Comment donner?». C’est Émilie L.Cayer, directrice générale de la philanthropie, et Marie-Noëlle Guay, directrice des dons planifiés, qui s’en sont chargées.

«Chaque don compte, a encouragé la première. Qu’ils soient de 10$ ou 159 millions, ils permettent d’avancer vers notre objectif. On est là pour vous proposer des projets, quelle que soit votre capacité financière.» La seconde a renchéri, soulignant combien un don testamentaire, modeste ou non, peut être stratégique aussi bien fiscalement que pour la cause soutenue: «Avec les bons conseils, même un don planifié de 1 % de son patrimoine peut être optimisé pour maximiser son impact philanthropique.»

Cet appel à la générosité sous toutes ses formes a dû résonner très fort aux oreilles de Louis Gagnon. En tout cas, au moment de mettre un point final à ce Cabinet de campagne, le coprésident n’a pas pu résister. Sortant de son texte, il s’est souvenu des mots de son propre père, laissant l’assistance sur cet aphorisme délicieux aux airs de sujet d’examen de philosophie : «La vraie générosité, c’est de donner ce qu’on n’a pas. Le reste, c’est du marketing.»

On ramassera les copies au prochain Cabinet de campagne.