Avec son don de 150000$ pour le projet L’École à ciel ouvert, Manuvie a répondu à l’appel de l’Université de Montréal. Derrière ce geste qui marque le début d’une fructueuse collaboration, on retrouve Alexis Gerbeau, chef de Manuvie Québec et membre du cabinet de campagne L’heure est brave. Nous avons profité de l’occasion pour en apprendre un peu plus sur lui…

« En tant que diplômé de l’Université de Montréal et membre du cabinet de L’heure est brave, j’avais à cœur de faire ma part : je voulais absolument favoriser une association entre Manuvie et l’UdeM. » Chef de Manuvie au Québec et Chef des finances assurance collective, Alexis Gerbeau compte parmi les acteurs les plus engagés de la campagne. Son rôle, il l’envisage comme celui d’un facilitateur, d’un intermédiaire entre son entreprise et son alma mater pour les aider à se trouver des convergences. Vu leurs valeurs communes, disons que la tâche n’était pas insurmontable. « Après quelques discussions, nous avons fini par identifier L’École à ciel ouvert, un projet du pilier 3 de la campagne de l’UdeM, confirme Alexis. Cette expérience de classe en pleine nature s’inscrivait parfaitement dans le volet santé de la stratégie philanthropique de Manuvie. » 

« Je suis un peu contemplatif”

Bien humblement et avec un brin d’autodérision, Alexis Gerbeau reconnaît que la nature et l’extérieur ne sont pas ses environnements de prédilection. Pourtant, l’initiative L’École à ciel ouvert a résonné en lui. « C’est vrai que je ne suis pas du genre à faire du camping, ou à passer trois jours dans la montagne, avoue-t-il en riant. Gravir un mont dans l’après-midi, ça va, tant que j’ai une chambre d’hôtel qui m’attend. Mais je suis aussi un peu contemplatif… Donc la théorie derrière L’École à ciel ouvert, cette idée que la nature va avoir des bienfaits sur la santé mentale des enfants, ça m’interpelle beaucoup. » 

Imaginé à la suite de la pandémie de COVID-19, pour lutter contre la détérioration de la santé mentale des jeunes du Québec, le projet École à Ciel Ouvert entend démontrer les impacts positifs de la nature sur la motivation des élèves. Dirigées par Sylvana Côté – professeure titulaire à l’École de santé publique de l’UdeM et chercheuse au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine – les équipes de recherche de l’Université McGill et de l’Observatoire pour l’éducation et la santé des enfants de l’UdeM ont imaginé un dispositif original : immerger 26 classes dans la nature à raison de deux heures par semaine pendant douze semaines, et comparer les résultats obtenus avec 28 classes ayant suivi l’apprentissage classique. Comme d’autres études expérimentales, cet essai randomisé – le premier du genre – devrait conclure aux effets bénéfiques de la nature sur la santé mentale des enfants. 

Dans le documentaire qui accompagne la communication autour de cette initiative, une scène illustre parfaitement la dynamique pratique et originale de l’enseignement en plein air : pour inculquer les ordres de grandeur, l’enseignant demande aux enfants d’estimer… le nombre de brins d’herbe sur une surface donnée ! Une approche concrète et ludique qui fait mouche. Qu’en aurait pensé le petit Alexis Gerbeau, s’il avait eu la chance de vivre cette expérience au primaire ? « Je vais être bien honnête : j’ai toujours été un gars qui aimait le côté abstrait des mathématiques, reconnaît-il, mais ce qui m’aurait plu, c’est de sortir un peu de la classe, de profiter de cette petite fenêtre ouverte sur l’extérieur pour renouveler l’air et simplement respirer. » 

Exercice de calcul du nombre de brins d’herbe sur une surface donnée.

Une trajectoire universitaire bien calculée

Son parcours universitaire témoigne de son goût des nombres et des concepts. Après un double DEC en sciences pures et musique, il se dirige vers l’actuariat, un domaine méconnu qui utilise les probabilités et les statistiques pour évaluer, modéliser et gérer les risques. « On dit qu’il y a plus de comptables en Ontario que d’actuaires dans le monde, affirme même Alexis Gerbeau. Je connaissais le terme, mais c’est pendant mon baccalauréat en mathématiques que j’ai vraiment découvert ce métier très spécifique. Intrigué, j’ai décidé de passer quelques examens réputés ardus de l’Institut des actuaires. Juste par défi ! Je les ai réussis, et j’ai continué pour ne jamais arrêter. A l’issue de mon bac,  j’ai décidé de faire une maîtrise en statistiques, tout en continuant d’écrire des examens d’actuariat. C’était par intérêt personnel, par soif de savoir, il faut bien le dire, puisque la maîtrise n’est pas exigée dans le milieu actuariel… »  

En sortant de sa maîtrise, Alexis Gerbeau est immédiatement entré chez Standard Life, avant de poursuivre sa carrière d’actuaire chez Manuvie. Dans ses fonctions de Chef de Manuvie au Québec, il n’a pas vraiment l’occasion de faire valoir ses compétences mathématiques, même si, ajoute-t-il en guise de clin d’œil, « ça m’aide à poser les bonnes questions ». En revanche, sous son second chapeau de Chef des finances assurance collective, il peut laisser libre court à son goût des nombres. Et puis, en dernier recours, il lui restera toujours son temps libre qu’il passe, en partie, à nourrir sa passion pour les mathématiques. Mais il n’oublie pas que c’est sur les bancs de l’Université que son passe-temps a grandi. 

Alexis Gerbeau lors de l’avant-première du documentaire L’École à ciel ouvert.

Une mobilisation exemplaire

C’est un fait : Alexis se sentait bien à l’UdeM. Les relations tissées avec les autres élèves, la passion partagée des mathématiques, la rencontre avec certains professeurs qui impressionnent et impriment leur marque… Tout était réuni pour prolonger le plaisir au second cycle. « L’université, j’y suis resté de 1996 à 2001 et ce sont juste des beaux souvenirs, résume-t-il. J’y ai reçu une éducation de qualité qui m’a permis de développer ma passion des mathématiques. Et puis, chaque fois que je tombe sur une intervention médiatique d’un professeur de l’UdeM, et chaque fois que le recteur Daniel Jutras s’exprime, je suis pris de fierté : j’aime la philosophie qui se dégage de mon université. » Pour Alexis, il était donc naturel de lui prêter main forte dans cette campagne historique : selon lui, c’est le devoir de toute la communauté diplômée. 

Exemplaire, sa mobilisation a pris la triple forme d’une position de membre sur le cabinet de campagne, d’un geste philanthropique de sa part, mais surtout d’un rôle d’intermédiaire entre l’Université et Manuvie pour leur trouver des projets communs. Le projet L’École à ciel ouvert est le premier bénéficiaire de son investissement. Et il sera sans doute suivi d’autres qui répondront aussi bien aux priorités philanthropiques de l’entreprise (la santé, l’inclusion financière et le développement durable) qu’aux piliers de L’heure est brave

« Par exemple, on a très envie de travailler sur la gestion de l’invalidité, assure Alexis. Chez Manuvie, une partie importante de notre travail consiste à assurer un suivi à nos membres lorsqu’ils souffrent d’invalidité pour qu’ils recouvrent la santé. Nous avons des centaines d’employés dont la mission consiste à accompagner cette guérison. Et en la matière, il y aura toujours de la place pour l’innovation ! » Pour la collectivité, le monde du travail, comme le bien-être des personnes invalides, les gains d’un tel travail de fond seraient effectivement colossaux.