En acceptant de devenir coprésidents du Comité consultatif de Toronto, Bernard Letendre et Imran Ahmad ont fait un beau cadeau à la campagne L’heure est brave. Leur énergie et leurs valeurs complémentaires s’avèrent précieuses pour mobiliser la communauté ontarienne de l’Université de Montréal.
« Je suis prêt à approcher n’importe qui ! » Le moins que l’on puisse dire, c’est que Bernard Letendre ne ménage pas ses efforts depuis qu’il a enfilé son costume de co-président du Comité consultatif de Toronto. Entrer en contact est une seconde nature pour ce coach certifié, associé directeur pour l’Ontario et l’Ouest canadien chez Humance et professeur de judo, mais on sent bien qu’il prend particulièrement à cœur son rôle de porte-parole de L’heure est brave.
« Encore ce matin, j’ai fait deux approches, poursuit-il. Une personne que je ne connaissais pas et une autre avec qui j’ai échangé une fois sur Linkedin. J’ai pris trente minutes pour leur parler de la campagne, de ses objectifs, de ses piliers… Quand j’étais dans la vente, on disait : si ça décroche, c’est déjà productif. »
Imran Ahmad, l’autre co-président du Comité, ne tarit pas d’éloges sur son comparse : « Bernard, c’est un collègue exceptionnel. On échange sur plein de sujets, j’adore quand on se rencontre ! » Diplômé en droit, avocat et cochef canadien Cybersécurité et confidentialité des données chez Norton Rose Fullbright, il doit composer avec un agenda chargé et des urgences régulières, mais son implication dans la campagne n’a rien à envier à celle de Bernard.
« Je me vois comme un porte-parole des projets et de la vision de l’UdeM, explique-t-il. J’ai beaucoup d’énergie et je veux faire bouger les choses en définissant le plan d’action. Comment arrive-t-on au résultat souhaité ? Quel est le timing ? quels sont les livrables ? À charge aussi pour nous, co-présidents, de collecter les commentaires qu’on reçoit lors de nos différents échanges, puis de faire le relais avec l’Université. »
Des parcours très différents
Deux approches aussi complémentaires que leurs profils. Même s’ils sortent du même creuset – la faculté de droit de l’UdeM – la ressemblance entre les deux hommes s’arrête là. Imran se passionne pour le droit et sa pratique, passe son baccalauréat, enchaîne avec un second cycle à l’Université Sherbrooke et à Ottawa, puis se spécialise en droit des compagnies. « Je pensais devenir avocat impliqué dans les dossiers de litige, se souvient-il, mais j’ai rapidement réalisé que j’étais plus proactif : je ne voulais pas régler des problèmes, je voulais les éviter. Le droit corporatif me permettait ça. » Entre les lignes, on reconnaît déjà le coprésident planificateur qu’on décrivait…
L’expérience de Bernard est toute autre : « J’ai aimé le droit intellectuellement, mais je n’ai pas aimé la pratique. » Après sa maîtrise, il entre pourtant au ministère fédéral de la justice, du côté des poursuites criminelles, mais il y reste moins deux ans. Pas son truc. La suite s’écrira du côté du secteur bancaire et assurantiel, avec notamment des postes de haute direction chez BMO Montréal et surtout Manuvie Toronto où il travaillait encore il y a peu. Avant que le COVID-19 ne bouleverse tout…
« Je pratique le judo depuis 45 ans, mais je dois arrêter pendant la pandémie, raconte-t-il. Alors je décide d’utiliser ce temps pour compléter un certificat de coaching en organisation. Une révélation ! Ça me plaît tellement que je réfléchis à travailler dans ce domaine, mais pas avant quelques années. » Curieux, il approche quand même quelques entreprises, juste pour tâter le terrain. Et c’est là qu’il sympathise avec des dirigeants de Humance qui lui disent, en substance : « Mais pourquoi attendre ? » Deux ans plus tard, le voilà associé directeur de cette firme de conseil qui transforme les entreprises en renforçant leur culture interne et leurs leaders.
L’UdeM : une histoire de famille
Quand on l’interroge sur ses années à l’UdeM, Bernard est ambivalent. Il y a suivi les traces de son père professeur de médecine, de son grand-père et même de son arrière-grand-père, Georges Baril, qui a contribué à fonder le département de chimie. Quand on grandit dans un tel environnement universitaire, à deux rues du pavillon Maximilien Caron, difficile d’écrire ses études supérieures ailleurs que sur la montagne.
« J’ai une immense reconnaissance pour l’UdeM et cette formation : elles m’ont conduit où je suis aujourd’hui, témoigne notre coprésident. Mais mon expérience étudiante aurait pu être meilleure… Je trouvais qu’on manquait d’offres de services et d’accompagnement. Et puis, j’ai été un peu choqué de voir que mon alma mater n’avait pas le même statut hors du Québec. Les choses se sont heureusement améliorées depuis les années 1990, mais cette campagne est l’occasion rêvée d’aller encore plus loin. Je veux qu’on améliore grandement l’expérience étudiante et que les organisations anglophones s’arrachent les gradués de l’UdeM ! »
Aucun regret du côté de Imran, mais un même lien filial l’unit à l’Université de Montréal : venu du Pakistan dans les années 1960, son père a profité d’une bourse pour étudier entre ces murs et passer un doctorat de physiologie. « Je vois dans ma contribution à la campagne une forme de continuité familiale, analyse-t-il. Mais comme Bernard, mon engagement s’explique par deux autres désirs : redonner à l’université et accroître son rayonnement au-delà des frontières du Québec, particulièrement en Ontario. Quand je vois notre expertise en IA et en cybersécurité, je me dis qu’on est parfois trop humble à propos de nos réussites. »
Imran parle en connaissance de cause, lui qui a bifurqué vers le cyber il y a une quinzaine d’années. « J’étais tombé sur une émission qui parlait de la cybersécurité comme d’un domaine juridique d’avenir, se remémore-t-il. Et plus je lisais sur le sujet, plus je réalisais que c’était de la gestion de crise ! Tout ce que j’aime. Alors j’ai investi mon temps et mon argent pour me former, visiter des labos, rencontrer des entreprises victimes de cyberattaques… Et je suis devenu le spécialiste de ce droit chez Norton Rose Fullbright, avant de monter un cours sur le sujet à l’Université de Toronto. » Un pedigree qui fait d’Imran une personne écoutée lorsqu’il vante l’excellence des chercheurs en IA de l’UdeM, ou le remarquable cursus en cybersécurité de HEC Montréal.
« On a vu la lumière »
Pour lui comme pour Bernard, cette relative méconnaissance des qualités de l’UdeM hors des frontières du Québec prouve en tout cas une chose: le potentiel de rayonnement de notre communauté diplômée est immense dans le reste du Canada. Songez : 13 000 personnes diplômées sont établies dans les autres provinces, mais elles représentent 60% des dons venus de l’extérieur du Québec ! Cette masse ne demande qu’à être mobilisée, ce que la campagne et l’action de nos coprésidents s’efforcent de faire.
« On a vu la lumière, conclut Bernard. J’ai passé 30 ans sans un mot, sans un mail, sans un coup de téléphone de l’Université de Montréal, alors que maintenant on fait beaucoup d’efforts en ce sens, on contacte, on organise des événements… Il y a vraiment une nouvelle énergie ! » Dans son rôle de coach, comme dans sa pratique du judo qui le guide et l’inspire, Bernard enseigne à ses clients et élèves que la quête de l’amélioration permanente vaut mieux que l’obsession du résultat. « Quand on prend la décision de faire mieux, on peut vraiment faire beaucoup », répète-t-il à l’envi.
Autant dire que l’UdeM est bien partie pour faire énormément.