La carrière de Marie-Soleil Lemieux est à son image : appliquée, diversifiée, audacieuse… Et inspirante ! Rencontre avec une femme qui a bâti son succès en écoutant, en s’entourant et en prenant son destin en main.

Présidente et cheffe de la direction de Banque Nationale Trust depuis bientôt deux ans, Marie-Soleil Lemieux incarne une nouvelle génération de leaders : audacieuse, stratégique et profondément humaine. Si elle est aujourd’hui la première femme en près de 100 ans à diriger cette institution, c’est qu’elle a su faire de chaque détour un levier de transformation personnelle, professionnelle et collective.

Diplômée en communication de l’Université de Montréal, Marie-Soleil se reconnaît dans la mission sociétale de son alma mater. « L’Université de Montréal doit continuer à amener les gens à penser autrement, à oser prendre position, à rassembler des leaders autour d’enjeux de société, » explique-t-elle. Aux étudiantes et étudiants d’aujourd’hui, elle partage cette réflexion : « C’est normal de ne pas tout savoir au départ. Entourez-vous bien, soyez curieux, sortez de votre zone de confort, et surtout, prenez le temps de bâtir des liens. Vous ne savez jamais qui vous ouvrira la prochaine porte. »

Des leçons de vie qu’elle a appliquées à chaque étape de sa carrière.

L’apprentissage comme fil conducteur

Originaire de Granby, Marie-Soleil grandit dans une famille où l’éducation est valorisée, bien que ses parents n’aient pas poursuivi d’études universitaires. « Ils voyaient que j’étais bonne à l’école, se souvient-elle, alors ils m’ont toujours poussée à aller plus loin. » De nature curieuse et passionnée par l’apprentissage, elle sait très tôt qu’elle poursuivra des études supérieures. Et pourtant, son parcours n’a rien de linéaire.

Au Collège LaSalle, elle amorce d’abord des études en design de mode, en anglais – alors qu’elle ne maîtrise pas du tout la langue à l’époque ! « C’était complètement hors de ma zone de confort, reconnaît-elle, mais j’ai toujours aimé les défis ». Rapidement, elle réalise qu’elle ne fera pas carrière dans ce domaine, mais elle choisit tout de même de compléter son DEC, puis entre dans le monde du travail chez Bell, où elle gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir directrice d’un centre d’appel. Une première expérience marquante, qui lui donne envie d’explorer un champ plus large : les communications.

« Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. »

À l’Université de Montréal, elle s’inscrit en communication tout en poursuivant sa carrière à temps plein. Elle excelle dans ses études, mais avec le recul, elle reconnaît que les cours du soir ne lui ont pas permis de vivre l’expérience étudiante : « Je voulais performer, obtenir de bonnes notes, mais ça ne m’a pas permis de prendre le temps de créer des liens. Ce que je réalise maintenant, c’est que les notes ne sont pas ce que les gens regardent plus tard. »

Elle se découvre alors une véritable passion pour le marketing, ce qui la pousse ensuite à poursuivre des études supérieures à HEC Montréal. Elle garde d’ailleurs un lien fort avec cette institution, notamment grâce aux leaders d’expérience rencontrés au fil de son cheminement.

Avant de se lancer dans son MBA, Marie-Soleil accepte de relever un nouveau défi de taille : mettre en place un centre d’appel au Maroc. Un choc culturel, un apprentissage accéléré du leadership, et surtout, une prise de conscience : « J’avais toujours été dans la performance individuelle, mais là-bas, j’ai compris la richesse de la collaboration. C’est à ce moment que j’ai saisi la portée de cette citation : Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. »

Une femme de vision et d’impact

Cette transformation de son approche se reflète aujourd’hui dans son style de gestion. Elle valorise le travail d’équipe, le respect des expertises diverses et le courage d’oser faire les choses autrement. C’est d’ailleurs cette audace qui a marqué son passage chez Banque Nationale Trust, d’abord à la tête de l’équipe stratégie, puis en devenant bras droit du président en tant que chef des opérations. « Quand je suis arrivée, nous étions une petite équipe, se remémore Marie-Soleil. J’ai eu le privilège de présenter ma vision et d’avoir un leader qui m’a fait confiance. Ça m’a propulsée. »

Aujourd’hui à la tête d’une équipe passée de 50 à plus de 150 personnes, elle continue de placer le client, l’innovation et les employés au centre de ses priorités. Sous sa direction, Banque Nationale Trust procède à l’intégration d’une société de fiducie basée à Vancouver et a intensifié son positionnement stratégique auprès de clientèles clés. Sa force, elle la connaît, c’est de faire bouger les choses : « J’ai toujours mille idées en tête, mais je suis aussi très structurée, ce qui rassure les équipes. »

Redonner et s’engager autrement

En parallèle de sa carrière, Marie-Soleil s’implique activement dans la gouvernance et la communauté : elle préside le conseil d’administration de la Fondation Famijeunes sur lequel elle siège depuis près de 9 ans, elle a été présidente du CA du CPE de la Banque Nationale, et a complété une formation en gouvernance afin d’obtenir son titre d’ASC qui l’a menée au conseil d’administration de la RAMQ. Et puis, il y a le sport. Coureuse d’ultramarathons, elle puise son équilibre dans la rigueur de cette discipline : « Ça me permet de faire le vide, de prendre du recul. Et c’est facile d’aller courir n’importe où, même lorsque je suis en déplacement pour le travail. »

Toutes ces implications résument bien cette femme de défis, qui aime les environnements en mouvement, la stratégie, l’innovation… et les humains. « Ce qui m’inspire, confie-t-elle, ce sont les gens qui n’ont pas eu de parcours parfaits. Il y a tellement de richesse dans la diversité des cheminements. » Marie-Soleil Lemieux en est le meilleur exemple : en saisissant les opportunités que la vie a mises devant elle, en écoutant sa curiosité plus que ses peurs, elle n’a pas suivi de voie toute tracée et s’est inventé un chemin. Le sien.