Josée Aspinall (droit des affaires 2003), directrice de la Clinique juridique de l’Université de Montréal (UdeM), a grandement contribué à son essor et à son rayonnement depuis son arrivée en poste, en 2020. Et son engagement est loin de se dissiper. Ses idées n’ont d’égales que sa visée d’améliorer l’accès à la justice pour la population québécoise.


Rien ne destinait pourtant Josée Aspinall au droit. Originaire de L’Assomption, elle a été mise sur cette voie par la disponibilité du programme de techniques juridiques près de chez elle. La suite est une succession de portes ouvertes – et de compétences, il va sans dire –, qui l’a menée vers le baccalauréat en droit à l’Université de Sherbrooke, puis au diplôme d’études supérieures spécialisées en droit des affaires de l’UdeM.

Membre du Barreau du Québec, elle entame sa carrière au sein du cabinet Fraser Milner Casgrain en litige civil et commercial après un stage et y demeure 4 ans. Bien que cette expérience ait été grandement formatrice, elle avait soif d’autre chose. Après quelque temps au Centre d’accès à l’information juridique, on lui propose une charge de cours à l’Université d’Ottawa, ce qui révèle chez elle une passion profonde pour la pédagogie. « En fait, cette passion était en dormance, précise-t-elle. Très jeune, j’agissais déjà comme tutrice auprès de mes collègues de classe. »

De fil en aiguille, elle déploie aussi ses ailes d’enseignante à l’UdeM, à l’Université de Sherbrooke ainsi qu’à l’UQAM. Son intérêt marqué pour l’énergie du milieu universitaire l’amène à accepter le poste de directrice de la Clinique juridique de l’UdeM.

Une clinique aux multiples facettes

Depuis, elle a mené la Clinique juridique à un autre niveau. Plusieurs projets novateurs ont vu le jour sous sa gouverne : l’Unité mobile, qui permet à la communauté étudiante de découvrir la réalité de la pratique du droit en région, la division pour la protection des investisseuses et investisseurs en 2024 et, surtout, le tout premier service-conseil juridique universitaire au Québec en 2022, grâce à la mise en œuvre de la loi 29. Les étudiantes et étudiants, sous supervision, peuvent ainsi prodiguer des avis juridiques complets; une grande percée pour elle… et pour toute la relève.

« D’avoir réussi à mobiliser et à accroître l’équipe de la clinique, ça me rend déjà très fière, évoque-t-elle. Je veux que la relève ait la meilleure expérience possible. Avec le déploiement du service-conseil,on peut accompagner la clientèle et lui donner des recommandations, et pas seulement de l’information. Pour les étudiantes et étudiants, c’est encore plus concret et motivant! »

Une vision de pérennité grâce à la philanthropie

Même si de nombreux projets ont vu le jour grâce à des subventions, à des donatrices et des donateurs ou à du soutien facultaire, leur pérennité représente aujourd’hui un défi majeur pour Josée Aspinall. L’avenir des projets repose désormais sur un engagement philanthropique soutenu de la part de la communauté. La Faculté de droit aspire à créer un fonds doté qui assurerait leur stabilité financière, afin de non seulement maintenir, mais aussi d’élargir les services offerts – notamment en matière de démarrage d’entreprises, un secteur stratégique en pleine effervescence.

« Cette division, actuellement limitée à transmettre de l’information juridique, pourrait devenir un véritable accompagnement personnalisé pour les entrepreneures et entrepreneurs, avec l’appui de partenaires du milieu des affaires ou de diplômées et diplômés », souligne Josée Aspinall. Dans cette perspective, elle tient à remercier chaleureusement Julien BriseBois (LL. B. 1999) pour son don majeur de 265 000 $, qui permettra le lancement de cette division.

« Je souhaite que tous les projets de la clinique perdurent, exprime-t-elle. Si je prends l’exemple de l’Unité mobile, on a eu une subvention gouvernementale il y a 2 ans, qui vient de se conclure. On a consacré beaucoup de temps à la bâtir, à découvrir la façon la plus optimale de faire les choses et à développer des contacts, puis on ne pourra peut-être pas la poursuivre, à moins de trouver du financement. Mettre un terme à un projet après tant d’efforts n’a tout simplement aucun sens – surtout lorsqu’il répond à des besoins réels et croissants. »

Au cœur de la mission : l’incidence humaine

Elle reste fort animée au quotidien dans sa mission, considérant avoir trouvé le parfait équilibre entre le contact humain, l’aspect pratique, le milieu universitaire et la gestion : « J’ai vraiment l’impression que, professionnellement, je suis sur mon X. J’aime bien être la locomotive dans un projet qui se déploie. » À travers la clinique, elle se nourrit aussi de l’incidence de ses actions : « Aider une citoyenne ou un citoyen à comprendre ses droits, orienter une étudiante ou un étudiant vers sa véritable vocation, allumer la flamme pour le droit chez les jeunes, il n’y a rien qui égale cela! »

Parallèlement à ses fonctions à l’UdeM, elle prépare la publication d’un précis de responsabilité civile, fruit de ses nombreuses années d’enseignement et de supervision. Cet ouvrage, prévu pour le début de 2026, réunira savoir pédagogique et expérience pratique, en écho à la carrière de cette mobilisatrice, dont l’engagement a été maintes fois récompensé : en 2024, elle a notamment obtenu le prix Coup de cœur, dans la catégorie Leadership – Prix du recteur de l’UdeM ainsi que la Médaille du couronnement du roi Charles III, qui s’ajoutent aux multiples prix d’enseignement reçus au cours de son cheminement inspirant.


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Légende de l’image de couverture : Équipe du service-conseil 2025-2026