En donnant 100 000 $ au Réseau des écoles associées, Jean Bélanger et Anne-Marie Émond ont fait d’une pierre trois coups: démocratiser l’accès à l’art pour les élèves défavorisés, répondre au Défi du chancelier et honorer l’artiste Rose-Aimée Bélanger. Explications…
Et 100 000 $ de plus pour le Réseau des écoles associées! C’est le geste généreux posé par Jean Bélanger et Anne-Marie Émond, un couple de donateurs engagé dans la démocratisation de l’accès aux arts. Leur don servira à développer l’École Rose-Aimée Bélanger, le nouveau volet artistique du Réseau, ajoutant une pierre supplémentaire à son combat pour la réussite scolaire et l’égalité des chances dans des quartiers défavorisés (en savoir plus).
Pour l’occasion, les deux philanthropes avaient d’ailleurs formulé un petit souhait: ils voulaient que, dans les jours précédant l’événement de reconnaissance, les étudiantes et étudiants du Pavillon Marie-Victorin puissent profiter de quelques sculptures de Rose-Aimée Bélanger, l’artiste québécoise qui prête son nom à cette école.
Le soir en question, les convives ont donc pu admirer neuf œuvres de cette sculpteuse si singulière. Ce n’est pas tous les jours qu’une mini-exposition est organisée à l’Université de Montréal pour saluer un geste philanthropique. Mais ce don – qui s’inscrit aussi dans le cadre du Défi du chancelier – s’y prêtait tout particulièrement…
Un don au nom de Rose-Aimée Bélanger
Ce don a d’abord été fait au nom de l’artiste-sculptrice Rose-Aimée Bélanger en personne. Le donateur Jean Bélanger n’est autre que son fils, qui veille sur la pérennité et la postérité de l’œuvre de sa mère. En donnant cette somme au travers de la société Rose-Aimée Bélanger inc, en la consacrant surtout à la valorisation de la sensibilité artistique en milieu scolaire, et donc en organisant cette petite exposition symbolique, il fait en sorte que son nom ne soit pas oublié par les Québécoises et les Québécois.
Connue dans le monde entier pour ses bronzes de femmes aux formes arrondies et gourmandes – vous avez forcément croisé ses “Chuchoteuses” dans le Vieux-Montréal – la sculpteuse incarne à merveille l’idée qu’on peut se faire d’un art à la fois mémorable et populaire, accessible et remarquable. Jean Bélanger confirme: «Ma mère adorait étirer les rencontres avec le public, pour elle c’était une manière de prolonger son rôle d’artiste.» Quel plus beau legs, alors, que de graver à jamais son nom dans les murs d’écoles montréalaises en mal de médiation?
Un don pour la sensibilité artistique
Mais cette exposition s’imposait également parce que ce don vise à démocratiser l’accès à l’art aux élèves les plus défavorisés. En confiant cette somme au Réseau des écoles associées, en permettant de créer en son sein l’École Rose-Aimée Bélanger, Anne-Marie Émond et Jean Bélanger viennent ajouter un volet artistique à ce projet-phare et transformateur de la Faculté des sciences de l’éducation. En misant sur l’audio, le visuel ou une combinaison des deux, cette initiative souhaite éveiller la sensibilité artistique des élèves, valoriser la présence de l’art dans les milieux scolaires et soutenir la création d’environnements éducatifs inspirants.
Donatrice mais aussi vice-doyenne de la FSÉ, Anne-Marie Émond sait mieux que personne ce qu’un tel projet peut faire pour ces établissements scolaires malheureusement trop délaissés: «Si ça permet à des jeunes d’habiter le monde par leur sensibilité artistique, alors nous aurons réussi à prolonger le geste de Rose-Aimée Bélanger.» Sa voix s’est légèrement fendillée en prononçant ces mots. Preuve de l’attachement et de l’admiration qu’Anne-Marie vouait à sa belle-mère, à sa vitalité et à son appétit de créer.
Un don pour répondre à un défi
Enfin, ce don s’inscrit dans le cadre du Défi du chancelier. Il y a un an, Vickie Joseph et le chancelier Frantz Saintellemy donnaient 1 million $ au Réseau des écoles associées pour favoriser l’usage des technologies numériques d’apprentissage dans les contextes défavorisés. Puis, ils lançaient un défi à toute la communauté universitaire: osez doubler la mise pour l’avenir de ces enfants! (en savoir plus)
Non seulement Jean Bélanger et Anne-Marie Émond ont répondu à leur appel, mais ils l’ont fait de la meilleure des manières: en misant sur l’art comme outil d’émancipation, en s’appuyant sur lui pour compléter et contrebalancer la technologie. Une décision qui a ravi le chancelier et lui a rappelé ces mots qu’un ami lui avait un jour confiés: «Dans une ère où la technologie domine, nous sommes des zombies sans l’art et la culture.»
L’union fait l’impact
Comme le recteur l’a souligné au micro, il y avait de nombreux donateurs et donatrices dans la salle le soir de l’événement de reconnaissance. Preuve de l’extraordinaire pouvoir d’attraction conjoint du Réseau des écoles associées, du Défi du chancelier, mais aussi de l’art lorsqu’il perle, comme ici, directement avec nos émotions.
La doyenne de la FSÉ Ahlem Ammar l’a magnifiquement résumé: «L’art nourrit l’intelligence du cœur et ouvre des horizons plus humains». Rose-Aimée Bélanger y croyait dur comme fer. Notre couple de donateurs aussi. En engageant toutes les personnes présentes à faire un geste à leur tour, en appelant à démocratiser le don, en leur lançant que «l’union fait l’impact», ils ne nous disent pas autre chose. “L’intelligence du cœur” et “un horizon plus humain”, c’est aussi de savoir s’unir quand une cause le mérite.