Chaque année, la Fondation Schulich accorde des bourses prestigieuses et généreuses à 100 nouveaux étudiants du baccalauréat. Rencontre avec l’heureuse élue de cette année à l’Université de Montréal: Jade O’Reilly.
Originaire de Colombie Britannique, brillante élève, anglophone mais parfaitement à l’aise en français (et en chinois, la langue maternelle de ses parents), Jade O’Reilly a reçu la prestigieuse bourse Schulich Leader en 2025. Elle a appliqué à cette bourse en fin de secondaire, encouragée par son école et ses professeurs. Il faut dire que ce programme spécialisé en STIM offre à cent heureux élus 120 000 $ pour un cursus en ingénierie, ou 100 000 $ pour un programme en sciences et en mathématiques!
Mais pour y prétendre, les étudiants doivent démontrer un esprit d’entreprise, faire preuve de leadership, de créativité et de charisme. À la Fondation Schulich, on cherche des têtes à la fois bien faites et bien pleines.
Excellence et altruisme
Jade a les deux. À côté de ses études, elle a trouvé le temps de passer son brevet de maître-nageur, de jouer au rugby assidument, de lancer dès 12 ans une petite entreprise de cours d’anglais en ligne, et surtout d’aider les autres passionnément. « Mon plaisir coupable, c’est d’être la personne vers laquelle tout le monde se tourne, reconnaît-elle. Cela signifie d’être la meilleure partout pour que les autres me voient comme une personne digne de confiance.»
Dévorante, cette inclination à l’excellence et à l’altruisme l’a poussée à devenir tutrice bénévole dans son école. Auprès des élèves étrangers , mais pas seulement. «Tous les samedis, se souvient-elle, je me réveillais aux aurores pour aider mes camarades à résoudre les problèmes d’optimisation de notre Cours de calcul différentiel et intégral avancé.»
On l’aura compris : si Jade excelle partout, c’est avec les chiffres qu’elle se distingue vraiment. Actuellement en classe préparatoire pour entamer un cursus en mathématiques et physique, elle songe à se réorienter vers les mathématiques pures, une discipline qui résonne mieux avec elle: «D’abord, c’est une matière intuitive que je peux apprendre sans aide extérieure. Et puis, les maths sont sans ambiguïté: il y a seulement une bonne réponse à chaque question posée. J’aime cette certitude…»
De la Colombie Britannique au Québec
De son propre aveu, Jade voulait vivre dans une grande ville, avec un métro et une vraie scène culturelle. Et puis, elle voulait absolument étudier en français. Détail ironique quand on pense que les bourses Schulich Leader restent méconnues côté francophone… « Je n’aurais pas soumis cette application si l’université n’avait pas été francophone, affirme-t-elle même. Comme j’avais étudié dans cette langue pendant une bonne partie de ma scolarité, le choix de Montréal et de l’UdeM s’imposait. Si je n’avais pas obtenu la bourse Schulich Leader, je ne sais pas… J’aurais sans doute appliqué pour étudier en Chine.»
Alors qu’elle nourrissait une certaine appréhension à l’idée de faire des études supérieures en français, Jade a été agréablement surprise. Son niveau de langue n’est pas un obstacle et les exigences académiques ne lui paraissent pas insurmontables. En revanche, l’intégration, les liens d’amitié, tout cela prend un peu plus de temps.
«C’est vrai que je me sens parfois un peu perdue, reconnaît-elle. Je ne pratique plus aucune des activités associatives que j’avais en Colombie Britannique. Mais je ne m’inquiète pas vraiment: les humains ne sont pas des créatures solitaires.» Elle a d’ailleurs récemment repris la natation au CEPSUM, et a écrit au club de rugby de Mont Royal pour intégrer l’équipe.
L’esprit Schulich
Soucieuse de ce besoin de socialisation de leurs boursières et boursiers, mais aussi du lien particulier qui les unit, la Fondation Schulich organise, à intervalles réguliers, des grandes rencontres interuniversitaires. La dernière en date, à laquelle Jade a d’ailleurs participé, s’est tenue le 20 septembre sur le Campus Mil. Une quarantaine de “Schulich” ont convergé des quatre coins du pays pour apprendre à se connaître, nouer des liens et faire la fête. Mission accomplie: bonbons sur les tables, bataille de tartes à la crème, sortie au restaurant le soir… Esprit brillant ou non, on n’est pas sérieux quand on a 20 ans.
Dans cet aréopage de jeunes pleins d’avenir, on remarque une chose: la diversité des profils. Comme le nom de sa bourse l’indique, la Fondation Schulich cherche à former des leaders, mais on voit bien qu’il y a mille manières de l’être. Celles et ceux qui parlent fort et prennent la parole ressortent du lot, évidemment, mais les profils comme celui de Jade sont légion, et ils peuvent avoir tout autant d’impact sur une organisation.
«On agit de manière plus discrète, par l’exemple, pour gagner la confiance, opine-t-elle. Si je te dis que je vais faire quelque chose, tu peux être sûr que ce sera fait. Tu peux être sûre que je serai ponctuelle aussi: j’ai une vraie phobie d’être en retard.» Dans la liste des qualités d’un bon leader, Jade peut déjà cocher le sens des responsabilités.
Lire Get Even Smarter, l’addendum que Seymour Schulich a ajouté à son succès en librairie : Get Smart.